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Annie-France Becker

Virginie Rahem ancey - vue sur cours

Dessin encre et aquarelle

L’univers éclectque d’Annie-France Becker se décline sous forme de dessins, composés d’une série de bestiaire imaginaire « Les Lièvres de Mars », clin d’œil au monde merveilleux d’Alice de Lewis Carroll (où «Tout le monde est fou» selon le Chat de Chester).

Le lièvre, animal symbolique, adoré des déesses antiques, associé à la lune, à la longévité, à la résurrection, à la clairvoyance, à l’intelligence… Dans son imaginaire, Annie-France l’imagine haut en couleurs, tatoué de signes, composés de damiers, de plumes, d’écailles, de formes à géométries variables… Vêtu de manches bouffantes, Il devient le fou de la reine de cœur et arbore des airs de chenapan espiègle prêt à détaler à la moindre incartade. A force de se côtoyer, ces lièvres de Mars finissent par se rencontrer et là, la scénographie évolue en danse, en cabriole, en combat, c’est la caracole. Le mouvement s’accentue, au même titre que l’exubérance des personnages. Le « petit cabinet de curiosité » devient le théâtre de leurs turpitudes. Duos flamboyants à vous en irriter les yeux, ils effectuent des pas de deux tels des danseurs de capoeira sous acide. Voici donc « La danse des Lièvres de Mars ».Chaque animal est dessiné et « tatoué » directement à main levée au feutre encre de chine sur un papier épais au grain fin, au gré du cheminement de ses pensées puis mis en couleur à l’aquarelle « à sec ». Ensuite l’animal est découpé et mis en volume dans un caisson avec un système pop-up dont le fond est encollé d’un lavis aux encre acryliques. Ainsi mis en scène dans son propre univers bigarré, il est libre d’aller où bon lui semble ; La série intitulée « Champs libres » est dessinée à main levée à la plume et mis en couleur à l’aquarelle sur papier à grain épais. La matière est parte prenante de chaque œuvre.

L’esprit d’Annie-France vagabonde le long de lignes verticales ponctuées de signes et de symboles en pleins et déliés. Les couleurs sont éclatantes et parfois « salies » par l’encre noire qui fuse au contact du pinceau imbibé de pigments, et se fond à la teinte, donnant de la profondeur et du relief à l’ensemble.Champs libre, elle le conçoit comme une ode à la joie, à l’amour, à l’insouciance de l’enfant qui sommeille en chacun de nous. C’est du bonheur à l’état pur dans ce monde de brut, où la grisaille ternit tout sur son passage si l’on n’y prend garde. Une succession vibrante et naive de moulins a vents, de sucres d’orges, de bouches gourmandes, d’œils étranges, d’anges, de fleurs, de cerfs volants, de formes tarabiscotées, de paréidolies, suivent le fl d’Ariane. Ne le lâchons surtout pas et gardons le cap de la bonne humeur. Certains dessins sont encadrées en caissons et traités avec les éléments découpés, puis mis en avant avec des systèmes pop-up pour accentuer l’effet de mouvement et de rotation.